Glenn Seaborg fut le premier à prendre des précautions pour manipuler le plutonium en imposant l'usage de gants et de masques. Il se souvenait de l'expérience tragique de ces jeunes femmes qui, peignant des caractères lumineux sur des quadrants, contractèrent des cancers de la langue pour avoir humecté des pinceaux trempés dans une peinture à base de radium. L'habitude était alors de 1941 à 1944 de manipuler le plutonium pratiquement à mains nues. Les quantités étaient heureusement minimes car le plutonium est environ un million de fois plus actif que l'uranium. Malgré ces conditions effroyables, on ne détecta pas d'accroissement particulier de mortalité parmi ceux qui manipulèrent ce plutonium et dont beaucoup étaient encore en vie dans les années 1980, quarante ans après.