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Les méthodes de datation2

Nos ancêtres mesuraient le temps avec des sabliers. La nature, qui ne dispose pas de montres, fait de même. Le haut du sablier qui se vide, ce sont les noyaux radioactifs qui se désintègrent. Le bas qui se remplit, ce sont les noyaux issus des désintégrations.

La radioactivité est utilisée pour dater des vestiges de l'histoire ou de la préhistoire, surtout grâce à la datation au carbone-14. Elle est aussi utilisée pour dater l'âge de roches aussi anciennes que la terre, les coraux, les laves volcaniques. Les intervalles de temps à mesurer vont de la centaine d'années à quelques milliards d'années. Heureusement, l'archéologue, le géologue, le physicien disposent de toute une panoplie d'isotopes dont les périodes sont adaptées. L'un d'eux a pu dire : « Il faut apprécier l'inestimable faveur que nous fait la nature d'avoir égrené, dans le tableau des éléments chimiques, tout un chapelet d'horloges radioactives adaptées à la diversité des échelles de temps, associées à des éléments aux propriétés chimiques très diverses et impliquées dans des processus allant de l'inerte au vivant, de l'échelle du minéral à celle de notre planète ».

La datation au carbone-14 est la méthode la plus connue pour dater les vestiges archéologiques et préhistoriques. La détermination de l'âge se fait en comparant la teneur en carbone-14 de l'échantillon (le sablier en partie vidé) et celle d'un végétal actuel (le sablier plein). Pour être précise, la méthode demande d'être soigneusement étalonnée.




D'autres techniques sophistiquées utilisent les « ruptures d'équilibre » des familles radioactives. Par exemple, les coraux vivants ne peuvent absorber du thorium-230, le quatrième descendant de l'uranium-238, insoluble dans l'eau, mais cet élément réapparait dans le corail mort. On utilise cette « rupture » pour mesurer l'âge des coraux.

Piscine d'entreposage de la Hague
Les assemblages de combustible usé en provenance des réacteurs français sont entreposés durant 3 à 5 ans dans des grandes piscines à l'usine de la Hague, en attendant d'être retraités. En l'absence de retraitement, les assemblages de combustibles laissés en l'état sont entreposés dans d'autres piscines proches des réacteurs où ils attendent qu'une décision soit prise sur leur sort. Tel est le cas des déchets en provenance des 103 réacteurs américains, dont les piscines d'entreposage commenceront à être pleines vers 2008.
COGEMA/ Taillat (Jean-Marie)